Ni carotte ni baton
Psychiatre, consultant, coach, Eric Albert a fondé en 1990, l’Institut Français de l’Anxiété et du Stress (IFAS) dont l’objectif est de partager et de transmettre aux entreprises une expérience en matière de comportements et de stress. Il est l’auteur de nombreux ouvrages publiés chez Eyrolles dont les titres sont tout un programme, notamment : «Le manager est un psy»; «N’obéissez plus» ; «Le manager durable» ; «Comment devenir un bon stressé ?» ; «Manager, faites en moins».
On l’aura compris, Eric Albert observe au microscope les évolutions du monde du travail et de l’entreprise ainsi que les modes de management. Il analyse et propose des moyens de réparer les dégâts collatéraux du management Kleenex et du management par le stress. Quid des femmes dans ce paysage ? C’est ce qui intéressait les femmes du Club HRM Women qui l’avait invité à un déjeuner débat le 13 Décembre 2007.
Synthèse de l’intervention
Le management classique occidental, hiérarchique, masculin, (maniant la carotte et le bâton et supposant un rapport fusionnel du salarié avec l’entreprise) évolue vers des modes plus souples et individualisés, correspondant mieux la complexité et à l’incertitude croissante du monde du travail. Les femmes sont spontanément adaptées à ce type de gestion parce qu’elles ont du recul par rapport au pouvoir et qu’elles ne sont pas décidées à tout sacrifier à une entreprise. Elles sont sans cesse à la recherche d’un équilibre entre la vie affective, professionnelle et sociale.
Certes elles n’ont pas vraiment le choix puisque tout en travaillant, elles continuent à gérer en majeure partie la vie familiale et sociale, mais cette contrainte constitue, aux yeux d’Eric Albert une opportunité pour hiérarchiser les vrais enjeux.
Les comportements des femmes peuvent perturber les hommes parce qu’ils mettent en cause leur propre comportement et que même s’ils ne veulent pas être comme leurs parents, soumis à l’entreprise, ils ont du mal à ne pas reproduire les mêmes pratiques.
On dit les femmes émotives, en fait tous les comportements, qu’ils soient masculins ou féminins, dépendent des émotions, plus ou moins refoulées. «L’important est d’identifier son émotion et que ce ne soit pas l’émotion qui prenne la décision à votre place».
Les femmes, souligne l’intervenant, «ne se vendent pas assez, ne se vantent pas assez, n’affichent pas suffisamment clairement leur ambition». C’est en tout cas quelque chose sur quoi elles peuvent travailler et qu’elle peuvent changer.