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Une femme et trois vies

Au printemps dernier Claire Gibault est venue parler de ses trois vies de musicienne, de parlementaire et de mère de famille à un déjeuner HRM.

Les participantes étaient subjuguées. Bardée de prix de toutes sortes (dont premier prix de direction d’orchestre du Conservatoire National supérieur de musique de Paris), la musicienne est une des rares femmes chef d’orchestre. Elle a été la première femme à diriger l’orchestre de la Scala de Milan ainsi que celui de l’Opéra de Lyon. De 2004 à 2007 elle a été chef d’orchestre adjoint de Claudio Abbado pour le nouvel orchestre Mozart de Bologne et dirige des concerts dans le monde entier. Elle a travaillé pour les plus grandes salles, dirigé les orchestres internationaux les plus importants.

Parlementaire européenne, membre de la commission Culture et de l’Education ainsi que de la commission du Droit des femmes et de l’Egalité des genres, elle mène de nombreux combats en faveur des femmes, parité, égalité professionnelle, avortement, et des enfants, éducation, adoption.

Elle est la mère adoptive de deux enfants venant du Togo.

Au-delà de sa riche biographie (www.claire-gibault.eu) au cours de chaleureux échanges à bâtons rompus, Claire a évoqué ses difficultés mais aussi ses atouts de femme dans l’univers professionnel musical. La musique s’était imposée dès son plus jeune age compte tenu de son environnement familial et d’une passion partagée avec son père pour la musique de chambre. Parcours sans faute : solfège, plusieurs instruments de musique. Dès 13 ans elle commence à acquérir une expérience de direction d’orchestre.

Elle choisit d’abord des chemins de traverse qui lui évitent une concurrence frontale : direction d’opérettes, d'opéras pour le jeune public et de créations. Elle est tout de suite chouchoutée par la presse. Elle va devoir néanmoins affronter des coups bas pour s’imposer dans ce métier de chef d’orchestre où les femmes sont rares et se heurter à des refus d’orchestre d’être dirigées par une femme alors qu’elle a toutes les qualifications nécessaires.
Ses deux chevaux de bataille actuels : la musique contemporaine, la création pour le jeune public et avec de jeunes interprètes mais aussi la direction de concerts symphoniques d'oeuvres de Berlioz et Mozart notamment «les rapports avec l’orchestre me semblent différents pour une femme, davantage fondés sur une douceur ferme.... J’ai une relation avec les musiciens qui ne me semble pas la même que celle qu’entretiennent les chefs masculins».

Alors qu'elle n'avait aucun engagement politique, l’UDF qui cherchait en 2004, des candidates de la société civile pour les inclure dans leurs listes électorales en vue des élections européennes, lui a proposé de rejoindre les candidats de la région Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur et Corse.

Elle a accepté précisant que pour elle : "le temps était venu enfin d'écouter à mon tour, de regarder et aider les autres, en particulier les artistes. Je voulais confronter mes idées avec le terrain et mettre sur la place publique un certain nombre de questions de culture».

Passionnée par ces responsabilités, elle dit souhaiter continuer à exercer un mandat électif européen.

Elle a notamment été l'initiatrice d'un rapport sur le statut des artistes qui a été adopté à l'unanimité lors de son vote en plénière le 7 juin 2007, et prépare un nouveau rapport sur le thème de l'égalité de traitement et d'accès entre les hommes et les femmes dans les arts du spectacle.

En 2008 elle est élue en tant qu’Avenir Démocrate (transfuge du Modem), conseillère d’arrondissement dans le 9ème.

Conjuguant ses qualités de chef d’orchestre et de parlementaire européenne, Claire Gibault dirigera le 16 décembre 2008 à Strasbourg le concert qui ponctuera la clôture de la Présidence française de l'Union européenne. Elle a voulu y réunir un compositeur français, Berlioz, la Philharmonie slovaque, entourée de 200 enfants choristes venus de plusieurs pays de l'Union (Allemagne, Belgique, Espagne, Estonie, France Grande Bretagne, Italie, Pologne) la cantatrice italienne Anna Caterina Antonacci, l'altiste français Arnaud Thorette.