La détermination des femmes favorise les pères égalitaires
La sociologue et chercheuse Dominique Meda (Normalienne, Enarque, Agrégée de lettres!) qui a publié en 1995, Le Travail. Une valeur en voie de disparition, a mis en évidence qu’il n’était évalué et valorisé, qu’en terme de valeur marchande. Il faisait donc l’impasse sur tous les travaux non rémunérés et pourtant essentiel des femmes. Elle est venue partager avec le Club ses convictions au cours du déjeuner du 2 Février 2009.
A la parution du livre, les hommes ont contesté la thèse alors que pour les femmes, ce n’était pas une surprise.
Entre la première édition de son livre sur «Le temps des femmes», (Flamarion 2001) et la parution du «Deuxième âge de l’émancipation» (La Découverte des Idées. 2007), Dominique, trouve que les avancées sont maigres. Malgré les cocoricos français sur les femmes qui travaillent et font des enfants, ce sont elles seules qui portent le fardeau.
Les inégalités salariales persistent, les femmes sont toujours orientées vers les «mauvaises» filières, et les stéréotypes ont la vie dure.
Le taux d’emploi des hommes et des femmes sans enfants est actuellement le même, mais dès l’arrivée du premier enfant la différence est de 20 points. Quand elles ont des enfants, 40% des femmes changent de métier contre 6% des hommes.
Les pères égalitaires ont des femmes déterminées
Les études montrent qu’il y a 15% de «pères égalitaires», mais toute un série de conditions doivent être réunies: mêmes études, profession et salaire équivalents dès le départ, vie professionnelle ininterrompue et à plein temps de la mère, même au 2ème enfant: c’est la détermination de la mère qui favorise les pères égalitaires.
Les interviews effectuées par DM dans de grandes entreprises montrent que les cadres hommes ne mettent jamais leur carrière en danger.
Attention, souligne Dominique, il ne faut pas tabler sur les bonnes intentions des jeunes pères, car elles sont rarement durables. Il faut dire que l’entreprise les marginalise ce qui leur rend la vie difficile et du coup, il n’y a pas d’exemplarité souligne Brigitte Poincloux.
Il ne faut pas déduire non plus des études qui concluent à une corrélation performance et taux important de femmes responsables, que les femmes sont plus efficaces: il y a un biais, c’est la capacité d’ouverture qui crée la performance!
Deux choix sont possibles:
- Faire tout comme les hommes, et on fabrique une société du travail
- Provoquer le changement de comportement des hommes pour qu’ils partagent politique, économie, famille. Ce qui implique que toutes les femmes travaillent, que les congés parentaux soient les mêmes pour les parents et que les modes de garde des enfants jusqu’à 3 ans soient développés.*
Le débat a porté sur le conditionnement dès l’enfance et sur l’orientation dès la 3ème (automobile vs couture) enfin sur la formation des orienteurs/coachs.
En conclusion, Dominique regrette que les clubs de femmes aient des initiatives isolées les uns des autres, et suggère une plus grande synergie et des projets communs ciblés et mobilisateurs; DRLG pourrait constituer une plate forme commune sur 4 sujets:
- Garde d’enfants 1 à 3 ans et +
- Quotas
- Stéréotypes (orientation)
- Repenser le modèle (de la répartition des tâches) voir plus haut* + repenser un système de promotion, de valorisation et d’évaluation fondé sur de vraies valeurs?