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Le cerveau est forgé par notre histoire

Notre destin n’est pas inscrit dans notre cerveau. C’est la conviction de Dorothée Benoit-Browaeys journaliste scientifique, déléguée générale de l’association Vivagora (www.vivagora.org) qui organise des débats transdisciplinaires sur les enjeux sociaux des développements scientifiques et techniques. Elle a écrit avec Catherine Vidal neurobiologiste à l’Institut Pasteur «Cerveau, sexe et pouvoir» (Belin). Intervenante au déjeuner HRMWomen du 17 novembre 2008, elle a renforcé nos convictions.

Relativement récentes, les recherches sur le cerveau sont nées avec les premières dissections au 16ème siècle, mues par le désir de comprendre le « siège de la pensée » mais aussi de trouver des explications aux différences de comportement et de capacité entre les sexes et les groupes humains. On réalise en écoutant Dorothée combien la science est au service de l’idéologie dominante. Il n’est donc pas étonnant que les recherches sur le cerveau aient été biaisées par le besoin de prouver la supériorité intellectuelle des hommes sur les femmes. Qu’il s’agisse de la taille du cerveau qui semblait représenter un critère primordial, de la spécialisation des hémisphères, du développement du corps calleux tout fut bon pour trouver des justifications biologiques à la grandeur masculine.

Plus les théories sont simples plus elles se répandent.
On a beau savoir aujourd’hui que ces théories sont totalement invalides, que c’est la qualité des connexions qui compte en terme d’intelligence, on a beau faire la preuve qu’aucun signe ne permet de reconnaître un cerveau féminin d’un cerveau masculin, le débat n’est pas clos, car il est politique et non scientifique.
L’imagerie cérébrale montre clairement que le cerveau n’est jamais fixé une fois pour toutes, qu’il évolue en permanence, en fonction des évènements vécus. Personne ne possède le même cerveau. « Le câblage se fait par l’expérience, et les différentes stratégies des hommes et des femmes tiennent à l’expérience» conclut l’oratrice.

Le débat fut ensuite très animé, essentiellement sur la part de l’inné et de l’acquis dans le développement des hommes et des femmes et de leur différence de comportements, l’effet des hormones et l’interaction permanente entre nos gènes et leur environnement.