Les artistes femmes aussi
Le 6 novembre une délégation de trois HRMWomen partait pour Bruxelles. Claire Gibault, chef d’orchestre et députée européenne, présentait son rapport sur l’égalité de traitement et d’accès entre les hommes et les femmes dans les arts du spectacle .Nous l’avions reçue à HRM (compte rendu de son intervention dans la newsletter lettre d’octobre 2008 HRM) et elle nous avait invitées en retour.
Ce rapport d’initiative présenté le 6 Novembre en commission parlementaire ne sera voté en plénière qu’en Février. S’agissant d’un document visant à alerter le Parlement sur ces sujets, le vote du rapport d’initiative devrait entériner le constat officiel du Parlement.
Le temps du parlement européen n’est visiblement pas celui des entreprises !
Sur le fond, la députée veut tirer la sonnette d’alarme sur les discriminations qui touchent les artistes femmes dans un secteur qui conjugue gloire, pouvoir et argent.
Quelle surprise de voir si peu de présents à cette commission (4 députés sur les 40 membres) et d’assister aux réactions à la présentation de Claire, notamment : «Je ne pensais pas que dans ce monde le genre primait sur le talent».
Cachez ce sexe que je ne saurai voir……
Claire Gibault a notamment raconté une anecdote qui se passe de commentaires.
Les participants au concours du Violoncelle solo à l’Opéra de Paris jouent derrière un paravent et les femmes mettent des chaussures d’homme… pour éviter toute interférence du genre dans la décision du jury. Lorsque les organisateurs découvrirent qu’une petite jeune fille fluette avait été retenue, ils voulurent faire casser le concours. Cette pratique de recrutement est en train de se généraliser pour les concours… à l’instar des CV anonymes.
La présentation du rapport était renforcée par un témoignage d’expert. D’après Reine Prat, chargée de mission au ministère de la Culture français : en France 97% des compositeurs dont on entend la musique sont des hommes. Il s’agit donc d’obtenir les moyens financiers et techniques d’exercer ses talents, de produire et d’avoir l’occasion de se produire et de rencontrer le public.
Deux éléments nous ont marquées. D’une part, le parallélisme qui s’impose entre le monde du spectacle et celui de l’entreprise, en particulier la non mixité des réseaux de décision qui fabrique un «entre soi» et se reproduit sur le mode du clonage. D’autre part la maigre fréquentation de la commission FEMM du parlement européen. A-t-elle sa raison d’être ou n’est-elle qu’une commission alibi ? Ne serait-il pas plus efficace d’inclure une réflexion sur la place des femmes dans chaque sujet traité par les autres commissions lorsque cela le nécessite ?
Merci à Claire et toute son équipe qui nous ont si bien accueillies et ont élargi notre vision sur l’Europe et sur le secteur du spectacle.
Des raisons supplémentaires d‘être vigilantes sur la place des femmes dans le domaine public et professionnel, dans nos sphères de responsabilité comme dans notre Club!