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Une femme douce qui a du peps

Malgré une vocation et une formation littéraire, Laurence Hézard est entrée à EDF et n’est plus sortie du milieu professionnel hyper masculin de l’énergie et des ingénieurs. Elle a même fait fort puisqu’elle a été responsable de la communication, directrice de cabinet et de la communication du parc nucléaire d’EDF Production : le nucléaire, lieu de tous les dangers, le politique n’étant pas le moindre :

« Je pense qu’on a pris une femme en se disant : « aux innocents les mains pleines ». Son joker dans ce poste à haut risque, la transparence aussi bien en interne qu’en externe. Elle s’attaque à la transformation du management, à la conception du risque ; elle libère la parole et construit collectivement la confiance : toute erreur doit être connue pour être réparée.

Après 10 ans de stratégie elle passe au management direct en1999 où elle prend la direction du Groupement des Centres Est d’EDF. Une femme dans ce poste est un évènement et suscite des réticences. Laurence encore se fonde sur un investissement maximum, la construction patiente de la confiance et le décalage de son style de management. « Je ne sais pas, mais je vais apprendre ».

PEPS (professionnalisme/expérience d’entreprise/plaisir/sécurité) Le projet d’entreprise de GDRF

Depuis 2008 Laurence Hézard est à la tête de GRDF, filiale indépendante de Gaz de France (50 000 personnes dont 30%à l’étranger) qui distribue du gaz naturel à 9 265 communes à travers 188.637 km de canaux et joue un rôle économique et social majeur pour la collectivité et la politique de développement durable. Elle n’essaie toujours pas de faire l’homme mais continue de dire la vérité et d’inciter à ce qu’on ne lui cache rien. On la dit atypique, elle pense que c’est parce qu’elle s’interroge beaucoup, remet les acquis et les habitudes en question, pose des questions impertinentes et reconnaît éventuellement : « Je me suis trompée ». Rare pour un chef ! Laurence peut perturber, bousculer son environnement, comme tous les innovateurs, mais on lui reconnaît une grande cohérence entre ce qu’elle dit et ce qu’elle fait. Et ses équipes sont très soudées.

Les questions des participantes au déjeuner ont fusé.
Les difficultés d’être femme dans cet univers ? « Je n’en ai pas vraiment eues, j’ai toujours essayé d’être moi et en accord avec mes convictions.Ca marche. Je ne peux travailler que dans un milieu, une équipe avec qui je me sens bien et à l’aise, j’essaye par conséquent de créer les conditions nécessaires »
Son action en faveur des femmes ? Elle pratique l’égalité salariale dans les équipes qui dépendent d’elle, pour les autres cela reste difficile Sur les embauches et les promotions, la proportion de 30% de femmes est assurée pour l’instant. Par contre il n’y a que deux femmes sur douze dans son équipe de direction.
L’articulation des sa vie privée et de sa vie professionnelle ? « Il y a des résonances entre les deux, cela me parait normal et j’arrive à maintenir un équilibre, à ménager des plages de liberté. Cet équilibre est essentiel pour mon propre équilibre. Il faut être attentive aux autres mais il faut aussi être attentive à soi

La douceur, la force de Laurence nous ont inspiré. Vraiment. Un moment de partage rare.